Soir 1
Comprendre
Pourquoi je reviens toujours au même point de départ.
1.1L'ouverture0 min à 6 min
Bonsoir à tous, et bienvenue, je suis vraiment content que vous soyez là ce dimanche soir.
Si vous êtes là, un dimanche, à 20 heures, c'est probablement qu'il y a quelque chose dans votre vie que vous voulez changer depuis longtemps, et que malgré vos tentatives, vous avez pas réussi à changer durablement.
Peut-être même que vous avez déjà recommencé plusieurs fois, en vous disant à chaque fois que cette fois, ce serait la bonne.
Y a quelqu'un qui m'a envoyé une phrase que j'aimerais vous lire, parce qu'elle résume très bien ce dont on va parler ce soir.
« J'arrive à changer pendant 2 semaines et je redeviens la version de moi que j'aime pas. »
Ce qui me touche dans cette phrase, c'est la fin : « la version de moi que j'aime pas ».
Parce que ça veut dire que cette personne sait très bien qui elle pourrait être, elle l'a même été pendant 2 semaines, et pourtant, quelque chose la ramène en arrière.
Si cette phrase vous parle, vous êtes au bon endroit.
Ce soir, je vais vous expliquer pourquoi on revient toujours au même point de départ, en regardant ce qui se passe réellement en nous, étape par étape.
À la fin de la soirée, ce qui vous ramène en arrière aura un nom, et vous saurez dans quel domaine de votre vie ce mécanisme vous tient le plus.
Pour que vous sachiez où on va, je vous donne tout de suite les 3 rendez-vous importants de la soirée.
Le premier, c'est dans une vingtaine de minutes : je vais vous raconter le jour où un ami m'a répondu un seul mot, un mot tout bête, qui m'a fait comprendre ce qui m'arrivait depuis des années.
Le deuxième, c'est juste après : on va mettre un nom sur le mécanisme qui vous ramène toujours au même point de départ, et une fois que vous connaissez ce nom, vous commencez à le reconnaître partout dans votre vie.
Le troisième, ce sera dans la dernière partie de la soirée : je vais vous donner une date précise, avec un jour de la semaine, pour rencontrer quelqu'un que vous connaissez très bien, mais que vous avez pourtant jamais vu.
Bon, avant d'aller plus loin, on vérifie que tout fonctionne : vous m'entendez bien, vous me voyez bien ?
Si c'est bon, écrivez PRÊT dans le chat, qu'on puisse démarrer ensemble.
réponses du chat, lues à voix haute
Merci à ceux qui sont déjà là, et bienvenue à ceux qui nous rejoignent en cours de route.
Petite parenthèse pour ceux qui sont en France, en Belgique ou en Suisse : cette nuit, on a changé d'heure, on a reculé d'une heure, et vous avez donc gagné une heure ce matin.
Cette heure gagnée, on va l'utiliser ensemble ce soir, et j'aimerais qu'elle vous serve vraiment.
Alors, 2 petites choses pratiques avant qu'on commence.
D'abord, prenez de quoi noter : une feuille, un carnet, même le dos d'une enveloppe, ça fera l'affaire.
Vous avez pas besoin de tout écrire, on est pas à l'école, mais il y aura quelques phrases importantes ce soir, et je vous dirai quand les noter.
Gardez bien cette feuille, parce qu'on va s'en servir pendant les 3 soirées.
Et si vous pouvez, écrivez à la main plutôt que sur votre téléphone, parce que vous savez comment ça se passe : vous ouvrez une note, 3 secondes plus tard une notification arrive, vous cliquez dessus, et vous avez déjà perdu le fil.
Ce qui m'amène à la deuxième chose : coupez vos notifications.
Si vous regardez sur votre ordinateur, mettez votre téléphone en mode avion, et si vous regardez sur votre téléphone, activez le mode « Ne pas déranger ».
Je vous demande ça parce que ce qui me frappe, aujourd'hui, c'est le temps qu'on passe à moitié présent, avec la tête ailleurs, sans même s'en rendre compte, tellement c'est devenu normal.
Et vous allez voir ce soir que ce qui vous ramène au même point de départ se joue très souvent dans ces moments-là, quand vous êtes là physiquement, mais que votre attention est déjà partie ailleurs.
Dernière information : le replay de ce soir restera disponible pendant 24 heures, puis il disparaîtra.
Demain soir, ce que je vous partage ce soir existera plus nulle part.
Alors installez-vous, prenez votre feuille, et on y va.
1.2Pourquoi m'écouter6 min à 10 min
Avant d'entrer dans le vif du sujet, je me présente rapidement.
Moi, c'est Ilias, et si vous me découvrez ce soir, je vais vous épargner le CV et vous dire simplement ce qui me semble important pour vous.
Depuis des années, j'accompagne des personnes autour d'une question qui paraît toute simple : pourquoi est-ce qu'on revient toujours au même point de départ, alors qu'on sait très bien ce qu'on devrait faire ?
Je parle pas de réussir davantage, d'être plus productif ou de se lever à 5 heures du matin.
Je parle de ce moment que vous connaissez sûrement, où vous savez ce que vous voulez changer, où vous vous y mettez pour de bon, et où quelques semaines plus tard, vous vous retrouvez exactement là où vous étiez.
J'ai accompagné plus de 1 000 personnes sur cette question : des étudiants, des chefs d'entreprise, des mères de famille qui portent toute leur maison à bout de bras, des gens qui gagnent très bien leur vie et d'autres qui galèrent.
Au fil du temps, j'ai commencé à entendre le même refrain derrière des histoires pourtant très différentes, un peu comme 1 000 chansons qui auraient chacune leurs paroles, mais toutes exactement la même musique.
Ce refrain, je le connais par cœur, parce que pendant des années, c'était le mien.
Sur ce sujet, j'étais vraiment le pire cas possible, et je vais vous raconter ça dans un quart d'heure.
Alors ce soir, je vais pas vous donner une méthode de plus à appliquer dès demain matin.
Des méthodes, vous en avez sûrement déjà essayé plusieurs, et si elles suffisaient à régler le problème pour de bon, vous seriez pas là à m'écouter un dimanche soir.
Il y a aussi une chose que je préfère clarifier tout de suite, pour que vous ayez pas à vous poser la question pendant 3 soirs.
Je dirige un programme qui s'appelle Magnétique, une nouvelle expérience que j'ai créée avec une équipe de spécialistes du comportement et de la transformation humaine.
Je vous le présenterai en détail mardi, et pas avant.
Je sais que quand on participe à un événement comme celui-là, on se demande toujours à quel moment la personne va commencer à parler de son programme.
Donc la réponse est simple : ce sera mardi, et d'ici là, on va travailler ensemble sur vous, sur votre façon de fonctionner et sur ce qui vous ramène au même point.
Gardez aussi en tête que ces 3 soirées forment un seul parcours, et qu'elles sont pas faites pour être regardées dans le désordre.
Pensez à un cadenas à code avec 3 chiffres.
Si vous connaissez les 2 premiers chiffres mais pas le troisième, le cadenas s'ouvre pas aux 2 tiers : il reste fermé.
Ce soir, on va découvrir le premier chiffre, demain le deuxième, et mardi le troisième.
Le premier suffit pas à ouvrir le cadenas, mais sans lui, les 2 autres serviront à rien.
1.3La boucle de Julie10 min à 20 min
Ce premier chiffre, on va le trouver ensemble, en commençant par l'histoire de Julie, une femme que j'ai accompagnée.
Julie a 34 ans, elle travaille, elle a 2 enfants, et ça fait des années qu'elle veut se remettre au sport.
Je vais vous raconter ce qui lui arrive, étape par étape, et je vous demande de bien suivre les numéros, parce qu'à la fin, je vais vous demander où vous en êtes, vous.
Étape 1 : elle veut changer quelque chose.
Ça fait un moment qu'elle y pense, mais un dimanche, pendant un repas de famille, sa grand-mère la regarde se resservir et lui lance, devant tout le monde : « Eh ben, toi, t'as bien profité cette année. »
Les autres rient, Julie rit aussi, parce que sur le moment, c'est plus simple de faire comme si ça l'avait pas touchée.
Mais dans la voiture, sur le chemin du retour, elle dit plus un mot, et la phrase de sa grand-mère tourne en boucle dans sa tête.
Étape 2 : elle prend une décision, une vraie.
Le soir même, elle l'annonce à son mari : « À partir de lundi, je cours 3 fois par semaine. »
Dans sa tête, elle se voit déjà l'été prochain, sur les photos de famille, sans chercher à se cacher derrière les autres.
Elle y croit vraiment, parce qu'elle est portée par un gros pic de motivation.
Gardez bien ce mot en tête, parce qu'un pic, par définition, ça finit toujours par redescendre.
Étape 3 : elle commence, et les premiers jours se passent très bien.
Elle a des courbatures, mais même ça, elle aime bien, parce qu'elle le prend comme la preuve que son corps est en train de changer.
Pendant 3 semaines, elle tient son rythme, elle se sent déjà mieux, et elle se dit : « Cette fois, c'est la bonne. »
Étape 4 : une résistance apparaît.
Une grosse semaine au travail, un enfant malade, une nuit trop courte : rien d'exceptionnel, juste la vie normale.
Elle rate une séance, puis une deuxième.
Étape 5 : son élan commence à baisser.
Elle court 2 fois au lieu de 3, puis une seule fois dans la semaine, en se disant qu'elle rattrapera plus tard.
Étape 6 : elle abandonne, sans jamais avoir décidé d'abandonner.
Un soir, elle passe devant ses baskets dans l'entrée, et elle se rend compte que ça fait 2 semaines qu'elle est pas sortie courir.
Elle a jamais dit « j'arrête », c'est juste arrivé, tout doucement, sans bruit.
Étape 7 : elle culpabilise, mais pas très longtemps.
Après tout, elle avait de bonnes raisons : le travail, les enfants, la fatigue.
Des bonnes raisons, on en trouve toujours, et on va d'ailleurs en reparler ce soir.
Étape 8 : cet échec vient s'ajouter à ceux d'avant.
Petit à petit, Julie doute un peu plus d'elle, alors elle préfère arrêter d'y penser, pour plus ressentir cette déception.
Le sport passe au second plan, et la vie continue.
Étape 9 : un jour, quelque chose la ramène brutalement à ce qu'elle voulait changer.
Elle prépare une robe qu'elle adore pour un mariage, elle l'enfile, elle remonte la fermeture éclair dans son dos, et la fermeture se bloque à mi-chemin.
Alors elle s'assoit sur le bord de son lit, avec cette robe ouverte dans le dos, et elle sent la colère monter, une colère contre elle-même.
La phrase qui lui vient, c'est pas « je vais m'y remettre », c'est « t'es vraiment nulle, t'arrives jamais à rien tenir ».
Étape 10 : elle cherche une nouvelle solution.
Cette fois, ce sera peut-être une application de course, une salle plus proche de chez elle, un coach, ou cette vidéo qui promet un nouveau corps en 21 jours.
Étape 11 : elle recommence.
Nouvelle décision, nouvelle motivation, et la voilà revenue à l'étape 1.
Ce que je voudrais que vous voyiez, c'est que Julie est pas paresseuse, et qu'elle manque pas de volonté : elle a recommencé, encore et encore, avec la même sincérité à chaque fois.
Le sport, c'est juste le décor de son histoire.
Mettez à la place un projet que vous repoussez ou l'argent que vous essayez de mettre de côté, et vous retrouverez les mêmes 11 étapes, dans le même ordre.
Avant ma question, je voudrais vous lire une phrase qu'on m'a envoyée sur Instagram : « Je mens plus à moi-même qu'aux autres. »
Je trouve cette phrase très courageuse, parce que c'est vrai pour beaucoup d'entre nous, et que très peu de gens osent l'avouer.
Alors ce soir, quand je vous pose une question, essayez de pas donner la réponse qui fait bien, celle qui donne l'impression que tout est sous contrôle.
Donnez celle que vous connaissez déjà, au fond de vous, même si elle vous plaît moins.
Pensez à quelque chose que vous essayez de changer en ce moment, ou que vous avez essayé de changer ces derniers mois.
À quelle étape de la boucle de Julie est-ce que vous êtes, ce soir ?
Écrivez simplement le chiffre dans le chat, entre 1 et 11.
réponses du chat, lues à voix haute
Quand je pose cette question, c'est souvent l'étape 10 qui revient le plus : celle où on cherche une nouvelle solution.
Et ça se comprend, c'est peut-être même pour ça que vous êtes ici ce soir.
Si vous êtes à l'étape 2 ou 3, vous êtes encore dans l'élan du départ, et c'est le meilleur moment pour regarder la suite avant qu'elle arrive.
Si vous êtes à l'étape 7 ou 8, vous êtes dans le creux, celui où vous préférez plus y penser, parce que chaque fois que vous y pensez, ça vous rappelle que vous avez pas tenu.
Mais regardez ce qui se passerait si je vous donnais simplement une nouvelle solution ce soir : je vous enverrais tout droit à l'étape 11.
Et dans quelques semaines, vous seriez de nouveau à l'étape 6, avec une déception de plus.
C'est pour ça que ce soir, je vous donne pas de solution : je vous montre dans quelle roue vous tournez.
Vous avez déjà regardé un hamster dans sa roue ?
Il court, il court vraiment, il accélère, il se fatigue, et il finit épuisé.
Sauf qu'à la fin, il est toujours au même endroit.
Ce hamster manque pas d'effort : il court dans une roue, et tant qu'il regarde que ses pattes, il voit même pas ce qui l'empêche d'avancer.
Le problème, c'est pas d'échouer de temps en temps, ça arrive à tout le monde.
Le problème, c'est de rejouer le même scénario encore et encore, dans le même ordre, en changeant seulement le décor, sans comprendre ce qui nous ramène au départ.
1.4Tout ce que vous avez déjà essayé20 min à 28 min
Si vous venez d'arriver, bienvenue, vous avez rien raté d'irrattrapable : on cherche à comprendre pourquoi on revient toujours au même point de départ, et on vient de suivre Julie dans sa boucle.
Dans quelques minutes, je vais vous raconter le mot qu'un ami m'a répondu un jour, mais avant ça, j'aimerais qu'on prenne un moment pour parler de vous.
Parce qu'il y a une chose dont je suis convaincu : ici, tout le monde a déjà fait des efforts, parfois pendant des années, pour changer sa vie.
Vous avez pris des résolutions le 1er janvier, le premier du mois, ou un dimanche soir, en vous disant que cette semaine, ça allait enfin changer.
Vous avez lu des livres, parfois le même 2 fois, en vous disant qu'à la deuxième lecture, vous alliez vraiment l'appliquer.
Vous avez cherché de la motivation dans des vidéos et des podcasts, et vous vous êtes lancé dans des défis de 30 jours.
Certains ont fait des stages ou des retraites, d'autres ont pris un coach une fois par semaine, avec cette petite phrase qu'on connaît tous : « Cette fois, ça y est. »
Et parfois, vous avez changé beaucoup plus que ça : vous avez déménagé, changé de travail ou quitté quelqu'un, en espérant que tout ce qui changeait autour de vous finirait par changer quelque chose en vous.
À chaque fois, derrière, il y avait quelque chose qui comptait vraiment pour vous.
Moi aussi, j'ai connu ça, et je me souviens d'une phrase que je m'étais dite à l'époque, et qui m'avait fait mal.
« Je collectionne les nouveaux départs, mais en fait je n'ai encore jamais passé aucune ligne d'arrivée. »
Alors je vais vous poser une question, et vous écrivez dans le chat la première chose qui vous vient, sans chercher la réponse parfaite.
Qu'est-ce que vous avez déjà essayé de changer dans votre vie, et qui a pas tenu ?
Un ou 2 mots suffisent : le sport, le réveil, l'argent, un projet, le téléphone, une relation.
Allez-y, je vous lis.
réponses du chat, lues à voix haute
Continuez, j'en lis encore quelques-unes.
réponses du chat, lues à voix haute
Merci, continuez à écrire, même si je peux pas tout lire.
Regardez ce chat une seconde : chacun a son histoire, ses difficultés et ses raisons, et pourtant, on parle tous de la même chose, quelque chose qu'on a commencé à changer et qu'on a pas réussi à faire tenir.
Des vies aussi différentes qui calent au même endroit, c'est pas une coïncidence, c'est une cause commune.
Je sais que beaucoup d'entre vous se sont déjà fait leur propre explication : « je suis pas assez discipliné », « j'ai pas de volonté », « les autres y arrivent, et moi non ».
Ce que j'en pense, moi, je vais vous le dire franchement : c'est pas votre faute.
Je le dis pas pour vous faire plaisir, je le dis parce que vos efforts étaient sincères.
Vous avez mis du temps, parfois de l'argent, et surtout beaucoup d'espoir dans chacune de ces tentatives, et à chaque fois, vous y avez cru.
Quelqu'un qui manque vraiment de volonté, il essaie pas 10 fois : il essaie une fois, et il passe à autre chose.
Vous, vous avez recommencé, encore et encore, et ça, c'est tout sauf un manque de volonté.
Le problème, c'est qu'on vous a donné des outils pour pousser plus fort, sans jamais vous aider à comprendre ce qui vous ramenait en arrière.
Si c'était si facile, il suffirait de vous dire quoi faire pour que vous le fassiez.
Mais on sait tous que ça marche pas comme ça.
Partout sur les réseaux, on vous dit : fais ci, fais ça, ose ci, ose ça.
Sois plus confiant, lance ton projet, va parler à la fille qui te plaît, impose-toi, prends soin de toi.
Mais les personnes qui vous disent ça et qui vous poussent ont pas compris comment ça fonctionne, et même comment vous, vous fonctionnez.
Leurs intentions sont pas mauvaises, mais il suffit pas de vouloir pour pouvoir.
Il suffit pas non plus de savoir quoi faire pour réussir.
Prenez un exemple simple : fondamentalement, tout le monde sait que pour perdre du poids, il suffit de faire du sport et de manger équilibré, sauf exception, pour certaines situations ou certaines pathologies.
Aller courir, c'est littéralement accessible à tout le monde, et les légumes font partie de ce qu'il y a de moins cher dans nos supermarchés.
Pourtant, on sait tous que perdre du poids, c'est extrêmement difficile pour beaucoup d'entre nous.
J'ai pris cet exemple parce qu'il parle à tout le monde, mais ça s'applique à n'importe quoi dans vos vies.
Demain, on regardera un par un pourquoi ces outils pouvaient pas tenir.
Mais ce soir, il y a une question encore plus importante : pourquoi, malgré tous ces efforts sincères, est-ce que vous revenez toujours au même point ?
Je vais vous répondre à partir de ma propre histoire, parce que pendant très longtemps, j'ai été incapable de comprendre ce qui m'arrivait.
1.5« Encore ? »28 min à 40 min
Je vous avais promis de vous raconter le mot qu'un ami m'a répondu un jour.
Mais pour que vous compreniez pourquoi ce mot m'a autant marqué, il faut d'abord que je vous explique qui j'étais à l'époque.
J'étais timide, j'avais un corps fragile, aucune confiance en moi, et j'étais bègue.
Le bégaiement, de l'extérieur, les gens pensent souvent que c'est juste un problème pour parler.
Sauf que de l'intérieur, ça vous accompagne toute la journée, parce que vous anticipez tout : les mots qui risquent de bloquer, les situations où vous allez devoir parler, les moments où vous pourriez vous retrouver coincé devant quelqu'un.
Alors petit à petit, vous commencez à éviter ces situations, autant que vous pouvez.
Rien que dire mon prénom au téléphone, « Bonjour, c'est Ilias », c'était une montagne.
Je préparais ma phrase dans ma tête, je la répétais 20 fois, puis la personne décrochait, et le premier mot restait coincé.
Alors je finissais par pas appeler, j'envoyais un message, ou je demandais à quelqu'un de le faire à ma place.
À l'école, je connaissais souvent les réponses, mais je levais pas la main, parce que je voulais pas risquer de bloquer devant toute la classe.
Sur mes bulletins, les professeurs écrivaient régulièrement : « élève discret, doit participer davantage ».
À force de lire cette phrase, année après année, j'ai fini par y croire.
Je me disais que j'étais quelqu'un de discret, comme si j'étais né comme ça, et que je pouvais rien y changer.
Dans ma famille, il y avait aussi une phrase qu'on entendait souvent : « Fais pas de vagues. »
Personne me disait ça pour me faire du mal, au contraire, c'était une façon de m'aimer et de me protéger.
Mais quand vous entendez la même chose pendant 20 ans, vous finissez par plus l'entendre comme un conseil : vous commencez à croire que c'est la personne que vous êtes.
Pendant des années, j'ai enchaîné des jobs alimentaires que je détestais.
Le dernier, c'était dans un entrepôt, la nuit, comme préparateur de commandes.
Et l'avantage d'un entrepôt de nuit, quand on est quelqu'un de discret, c'est qu'on parle à personne.
Je vous dis ça en souriant aujourd'hui, mais c'était pas un hasard si j'avais atterri là.
Le matin, je rentrais dans le bus au moment où les autres partaient travailler, et j'avais cette impression étrange de vivre ma vie à l'envers.
J'avais peur de prendre ma place, alors je repoussais ma vie à plus tard.
Pourtant, j'avais de l'ambition, et des projets que je voulais vraiment réaliser.
Dans le bus du matin, je m'imaginais parfois avec une activité à moi, capable de parler devant des gens sans bloquer.
Sauf que tout ça restait dans ma tête.
Parce que j'étais persuadé que certaines personnes avaient quelque chose que j'avais pas : plus de confiance, plus de discipline, plus de facilité.
Dans ma tête, c'était comme une loterie à la naissance, et j'avais tiré le mauvais numéro.
Et croyez pas que je faisais rien pour autant.
Je lisais énormément, je prenais des notes, j'écoutais tout ce que je pouvais trouver sur le sujet.
À 20 ans, je pouvais vous expliquer comment construire une habitude, comment se motiver et comment s'organiser.
Je pouvais vous faire un cours complet sur la motivation, à 3 heures du matin, entre 2 palettes.
Un soir, pendant une pause, un collègue m'a demandé ce que je lisais.
C'était un livre sur la confiance en soi, et j'ai retourné la couverture pour qu'il la voie pas.
Je pouvais apprendre tout ce qu'il y avait à apprendre sur la confiance, mais le seul truc que j'arrivais pas à faire, c'était l'appliquer dans la durée.
Je commençais des choses, je m'inscrivais à la salle, et j'y allais à 6 heures du matin, en sortant d'une nuit à l'entrepôt.
Je tenais 15 jours, parfois un mois, et une fois, j'ai même tenu 3 mois.
Ces 3 mois-là, je m'en souviens très bien, parce que j'étais fier de moi.
Je me disais : « Ça y est, cette fois, c'est la bonne. »
Et puis j'arrêtais.
À chaque fois, j'avais une bonne raison, et c'était souvent une vraie raison : une période chargée, une blessure, une rupture, un déménagement.
Si vous m'aviez demandé pourquoi j'avais arrêté, j'aurais pu vous répondre à chaque fois, et ce que je vous aurais raconté aurait été vrai.
Un jour, je me réinscris à la salle, encore une fois.
J'envoie un message à un ami d'enfance, assez fier de moi : « Je me suis réinscrit à la salle, et cette fois, je lâche rien. »
Il me répond un seul mot : « Encore ? »
Il disait pas ça méchamment, il y avait même un smiley derrière, c'était juste sa façon de me chambrer.
Sur le moment, je lui ai répondu un truc du genre « T'inquiète, cette fois, c'est différent », et je suis passé à autre chose.
Mais la nuit suivante, à l'entrepôt, ce mot m'est resté dans la tête pendant des heures.
Parce qu'au fond, je savais qu'il avait raison : c'était pas la première fois que je lui annonçais ça.
Entre 2 commandes, j'ai compté, et je me suis rendu compte que c'était la troisième fois que je m'inscrivais dans cette salle.
Alors j'ai essayé de me rappeler à quel moment j'avais arrêté, à chaque fois, et c'est là que quelque chose m'a frappé.
La première fois, c'était la semaine où j'avais enfin réussi à courir 20 minutes sur le tapis sans m'arrêter.
La deuxième fois, c'était le mois où j'avais enfin réussi à y aller tous les matins, sans en rater un seul.
La troisième, c'était à la fin de ces 3 mois dont j'étais si fier.
J'avais toujours cru que j'arrêtais quand ça devenait trop dur.
Mais ces 3 fois-là, c'était pas dur du tout.
Au contraire, à chaque fois, c'était le moment où ça commençait à aller mieux : j'allais à la salle, je me levais à l'heure, je commençais à me sentir bien dans ma vie.
Et quand j'y ai repensé, c'était pareil pour tout le reste : l'argent que j'essayais de mettre de côté, le réveil plus tôt, le projet que je voulais lancer.
Je m'arrêtais pas quand tout devenait difficile.
Je m'arrêtais quand ça commençait à aller bien.
Je me souviens très bien de ce que j'ai ressenti, cette nuit-là, au milieu des palettes.
D'abord, un peu de honte, parce que je me rendais compte que je me racontais des histoires depuis des années.
Mais en même temps, il y avait quelque chose qui ressemblait à un soulagement.
Parce que pour la première fois, ce qui m'arrivait avait une forme : c'était pas le hasard, c'était pas juste moi qui étais nul, c'était un schéma, qui se répétait à l'identique.
Attention, c'était pas le fait que ça aille bien qui me faisait arrêter.
C'est que cette nouvelle vie, celle où je me levais à l'heure et où j'allais à la salle à 6 heures, c'était pas encore la mienne.
Elle me demandait un effort tous les jours, alors que l'ancienne se faisait toute seule, sans que j'aie besoin d'y penser.
Alors dès que je relâchais un peu, une nuit difficile, une semaine chargée, c'est l'ancienne qui reprenait sa place, sans même que je m'en rende compte.
Cette nuit-là, j'ai compris que mon problème, c'était pas la volonté.
J'en avais eu, de la volonté : je m'étais inscrit 3 fois dans la même salle, et j'avais recommencé des choses un nombre incalculable de fois.
Mais 3 inscriptions, avec 3 bonnes raisons différentes, avaient abouti à la même fin.
À chaque fois, j'étais monté un peu au-dessus de ma vie habituelle, et à chaque fois, j'étais revenu exactement au même point de départ.
J'ai commencé à comprendre qu'il y avait en moi une sorte de niveau habituel, celui du gars discret qui fait pas de vagues.
Et que chaque fois que ma vie dépassait ce niveau, quelque chose m'y ramenait, sans me demander mon avis.
C'était pas un défaut de caractère.
Notez cette phrase, parce que tout ce qu'on va voir ce soir part de là.
« J'étais pas quelqu'un de faible. Je revenais à un niveau. »
À partir de cette nuit-là, j'ai arrêté de chercher seulement la bonne méthode, et j'ai commencé à chercher à comprendre ce niveau.
Ça m'a pas fait sortir de l'entrepôt du jour au lendemain, je préfère être clair là-dessus.
Mais aujourd'hui, je suis devant vous, en direct, et le gamin qui arrivait même pas à dire son prénom au téléphone aurait jamais cru ça possible.
Comment j'en suis sorti, je vous le raconterai mardi, et je vous reparlerai aussi de mon ami qui m'avait dit « Encore ? », parce qu'il a joué un rôle que j'attendais pas.
Ce que j'aimerais vous faire vivre ce soir, c'est ce moment-là : celui où vous regardez votre propre parcours de l'extérieur, et où vous voyez enfin ce qui se répète.
Parce que des années plus tard, quand j'ai commencé à accompagner des gens, j'ai retrouvé ce même mécanisme chez presque tout le monde.
Le domaine changeait, les bonnes raisons changeaient, mais les gens revenaient toujours à leur niveau.
Ce mécanisme qui nous ramène, malgré tous nos efforts, a un nom, et je vais vous le donner maintenant.
1.6Le Thermostat Identitaire40 min à 56 min
Je vous l'avais promis, alors le voilà : ce qui vous ramène toujours au même point de départ, je l'appelle le Thermostat Identitaire.
Pour bien comprendre ce que je veux dire, on va partir de quelque chose que votre corps fait déjà tout seul, sans vous demander votre avis.
Là, maintenant, votre température est autour de 37 degrés, et vous avez pas besoin d'y penser pour qu'elle y reste.
Quand il fait chaud, vous transpirez, et votre corps redescend vers 37.
Quand il fait froid, vous frissonnez, vos muscles produisent de la chaleur, et votre corps remonte vers 37.
Vous décidez pas de transpirer ou de frissonner : votre corps défend son équilibre tout seul, en permanence.
Maintenant, imaginez une pièce chez vous, avec un thermostat réglé sur 19 degrés.
Un soir, vous avez froid, alors vous branchez un radiateur d'appoint, et vous le mettez à fond.
La température monte à 24 degrés, vous êtes bien, vous vous détendez enfin.
Puis vous éteignez le radiateur, vous allez faire autre chose, et quelques heures plus tard, la pièce est redescendue à 19.
Pourquoi elle redescend ? Parce que le réglage du thermostat, lui, a jamais changé.
Un thermostat, ça cherche pas la température que vous préférez, ça cherche à revenir à la température qu'on lui a réglée.
Et regardez bien ce que ça veut dire : pour lui, 24 degrés, c'est pas mieux que 19, c'est juste anormal.
Il fait aucune différence entre trop chaud et trop froid : tout ce qui s'éloigne de son réglage, il le ramène.
Eh bien, on fonctionne exactement de la même façon.
Chacun de nous a un niveau qu'il considère, sans s'en rendre compte, comme normal pour lui.
Quand je dis normal, je veux pas dire que c'est bien, ni que c'est ce que vous voulez : je veux dire que c'est ce dont vous avez l'habitude.
Ça peut être l'argent qui vous reste à la fin du mois, votre niveau d'énergie, la place que vous prenez au milieu des autres, ou ce que vous vous autorisez à demander.
Quand votre vie s'éloigne de ce niveau, votre thermostat se met en marche pour vous y ramener.
Et c'est là que ça devient dérangeant : il le fait aussi quand vous allez dans la bonne direction.
Parce que pour lui, ce qui est nouveau, même si c'est mieux, c'est de l'inconnu, et l'inconnu, il le vit comme un risque.
Prenez quelqu'un à qui on propose enfin la promotion dont il parle depuis des années.
Pendant des mois, il en a rêvé, il en a parlé autour de lui, il s'est dit que ce jour-là, tout allait changer.
Le poste est pour lui, avec une équipe à gérer, et une première grande réunion à animer dans 15 jours.
Et au lieu d'être heureux, il se met à mal dormir, il doute de tout, il se dit que les autres vont vite voir qu'il est pas à la hauteur.
La semaine de la réunion, il tombe malade, ou il passe tellement de soirées à se préparer qu'il arrive vidé, et il bafouille sur des choses qu'il connaît par cœur.
Parfois, il finit même par aller voir son chef pour lui dire : « Je suis pas sûr d'être prêt. »
Autour de lui, on parle de stress, de pas de chance, de mauvais moment.
Mais c'est pas de la malchance : la pièce vient de monter à 24 degrés, et quelque chose en lui cherche à la ramener à 19.
Vous vous souvenez de mes 3 inscriptions à la salle ?
J'arrêtais précisément au moment où ça commençait à aller mieux, parce que c'était justement là que je sortais de mon niveau habituel.
J'avais réussi à faire monter la température, mais j'avais jamais touché au réglage.
Maintenant, repensez à tout ce que vous avez essayé et dont on a parlé tout à l'heure : les résolutions, les livres, les défis, les applications, les coachs.
Tout ça, c'était des radiateurs d'appoint.
Ils vous ont fait monter, vraiment, parfois pendant des semaines, et ce que vous avez vécu pendant ces semaines-là était réel.
Mais personne avait touché au réglage, alors une fois l'élan retombé, la pièce est revenue à sa température.
Vous avez pas échoué parce que vous étiez faible, vous avez chauffé une pièce dont personne avait changé le thermostat.
Et ça veut dire autre chose, de très important : de la volonté, vous en avez.
La preuve, c'est que vous avez réussi à faire monter la température, et pas qu'une fois.
Seulement, la volonté sert à chauffer la pièce, pas à changer le réglage.
C'est pour ça qu'on peut avoir énormément de volonté, et revenir quand même au même point.
Je vous donne une deuxième image, que tout le monde a déjà vécue : le GPS.
Vous entrez une adresse, puis en route, vous décidez de prendre un autre chemin, parce que vous connaissez un raccourci ou que vous avez simplement envie de passer ailleurs.
Qu'est-ce qu'il fait, le GPS ? Il vous dit : « Faites demi-tour dès que possible. »
Vous continuez, il recalcule, il recalcule encore, et à chaque carrefour, il essaie de vous ramener sur l'itinéraire qu'il avait prévu.
Il vous en veut pas, il fait juste ce pour quoi il est programmé : vous emmener à l'adresse enregistrée.
Le Thermostat Identitaire, c'est un GPS qui a gardé l'adresse de votre ancienne vie.
Vous pouvez décider d'aller ailleurs, et vous avancez, mais à chaque carrefour, à chaque moment de fatigue, il vous redit « faites demi-tour », et la plupart du temps, on finit par l'écouter.
Alors vous allez peut-être me demander : « Mais Ilias, pourquoi mon propre système voudrait me ramener en dessous de ce que je veux ? »
Plutôt que de vous répondre avec des mots, je vais vous le faire sentir, avec une petite expérience.
Posez votre stylo quelques secondes, et croisez les bras comme vous le faites d'habitude, sans réfléchir.
Regardez quel bras se retrouve au-dessus.
Maintenant, décroisez-les, et recroisez-les dans l'autre sens, avec l'autre bras au-dessus.
Restez comme ça quelques secondes.
Dans le chat, dites-moi en un mot ce que ça vous fait.
réponses du chat, lues à voix haute
Regardez ce qui vient de se passer : vous avez pas mal, ça vous demande aucun effort, et pourtant, cette position vous paraît bizarre, presque fausse.
Comme si quelque chose en vous disait : « C'est pas moi, ça. »
Et tout ça pour 2 bras croisés dans l'autre sens.
Maintenant, imaginez ce que ça fait quand c'est pas vos bras, mais dire non à quelqu'un, aller courir un mardi soir, ou tenir une promesse que vous vous êtes faite.
Le changement est peut-être bon pour vous, mais il vous paraît pas encore naturel, et ce « c'est pas moi, ça », vous allez le ressentir à chaque fois.
Ce qui se passe, c'est que votre cerveau préfère ce qui lui est familier, parce que le familier lui coûte moins.
Votre cerveau représente environ 2 % du poids de votre corps, mais il consomme à peu près 20 % de votre énergie, donc il cherche à économiser tout le temps.
Refaire un geste qu'il connaît lui coûte beaucoup moins que d'en apprendre un nouveau.
C'est aussi pour ça qu'après un long voyage, même très beau, on ressent un vrai soulagement en rentrant chez soi.
Alors une nouvelle habitude, même si elle est meilleure pour vous, votre cerveau commence par la vivre comme quelque chose d'étranger, et il cherche à revenir à ce qu'il connaît.
Notez cette phrase sur votre feuille.
« Mon thermostat cherche pas ce qui est bon pour moi. Il cherche ce qu'il connaît. »
Ce qu'il connaît, il l'a appris, au fil des années.
Pour comprendre comment, imaginez une colline couverte de neige.
Vous montez sur une luge, et vous descendez pour la première fois : la neige est vierge, vous pouvez aller où vous voulez.
La deuxième fois, il y a une petite trace, et vous avez tendance à repasser dedans, parce que ça glisse mieux.
Après 20 descentes, la trace est devenue une vraie piste, profonde, bien dessinée.
Vous pouvez toujours essayer de partir à gauche, la neige est encore là, juste à côté, mais il faut forcer pour sortir de la piste.
Et dès que vous relâchez, dès que vous êtes fatigué, la luge retombe dans le creux qu'elle connaît.
Votre thermostat, c'est cette piste, creusée par des milliers de passages, depuis que vous êtes enfant.
Chez moi, chaque « fais pas de vagues », chaque bulletin, chaque coup de fil que j'évitais, c'était une descente de plus dans la même piste.
C'est pour ça que les résolutions du dimanche soir tiennent si mal.
Le dimanche, vous êtes motivé, et vous dessinez une nouvelle piste dans votre tête.
Mais le lundi matin, c'est pas dans votre tête que vous descendez, c'est dans la neige, et la luge retombe dans l'ancienne piste.
Comme on est dimanche soir, justement, je préfère vous prévenir : ce soir, on va pas essayer de dessiner une nouvelle piste à toute vitesse.
On va d'abord regarder celle où vous retombez toujours.
Je vais vous montrer comment le thermostat vous ramène, concrètement, en 5 temps, avec une situation que presque tout le monde connaît.
Pensez à quelqu'un de votre entourage, une collègue, votre sœur ou un ami, qui a l'habitude de vous demander des services.
À chaque fois, vous dites oui, même quand ça vous arrange pas du tout.
Et puis un jour, cette personne vous demande encore le même service, et pour la première fois, vous dites non.
Premier temps : une situation nouvelle.
Vous venez de dire non, et pendant une seconde, vous ressentez quelque chose de différent, une petite fierté, avec cette pensée : « J'ai le droit. »
Deuxième temps : l'inconfort arrive.
Il se passe rien de grave, mais quelque chose vous dérange, exactement comme tout à l'heure avec les bras croisés dans l'autre sens.
Une petite voix commence à dire : « C'est pas moi, ça », ou « Elle va m'en vouloir », et parfois même : « Mais pour qui tu te prends ? »
C'est comme une paire de chaussures neuves : elles vous plaisent, vous avez envie de les porter, mais au début, elles vous font un peu mal.
Vos anciennes chaussures, elles, ont pris la forme de vos pieds, et vous pouvez les enfiler sans même y penser.
Alors le matin, quand vous êtes pressé ou fatigué, c'est vers les anciennes que votre main part toute seule.
Troisième temps : les réactions automatiques.
Le soir même, sur votre canapé, vous reprenez votre téléphone, et vous envoyez un message pour arranger les choses : « Bon, si vraiment t'as besoin, je peux peut-être m'arranger. »
Vous l'écrivez presque sans y penser, pendant que vous regardez autre chose.
Vous voyez pourquoi je vous ai demandé tout à l'heure de couper vos notifications et d'être vraiment là ?
C'est dans ces moments où on fait les choses sans y penser que le thermostat reprend la main le plus facilement.
Quatrième temps : les anciens comportements reviennent.
La fois suivante, vous redites oui, parce que c'est plus simple, et que vous voulez pas créer de tension.
Et sur le moment, chacune de ces raisons vous paraît parfaitement raisonnable.
Cinquième temps : vous êtes revenu à votre niveau habituel.
La pièce est revenue à 19 degrés, et vous ressentez peut-être un peu de déception, mais pas vraiment de surprise.
Une petite voix peut même vous souffler : « Tu vois, je le savais. »
Vous êtes rentré dans votre maison habituelle, même si cette maison est devenue trop petite pour vous.
Ce qui est terrible, c'est que de l'extérieur, personne a rien vu : il y a pas eu de drame, pas de grande décision, juste un petit message envoyé un soir, depuis un canapé.
C'est comme ça que ça se passe presque à chaque fois, pour la course de Julie comme pour mes inscriptions à la salle : le retour se fait sans bruit, et c'est pour ça qu'on le voit pas venir.
1.7Vous l'avez déjà vu partout56 min à 1 h 07
Si vous venez de nous rejoindre, je vous remets dans le fil.
On cherche à comprendre pourquoi on revient toujours au même point de départ quand on essaye de changer quelque chose dans nos vies, et je disais que j'appelle ce mécanisme le Thermostat Identitaire : c'est le niveau que votre système considère comme normal, et il vous y ramène, surtout quand votre vie monte au-dessus.
Une fois qu'on connaît ce thermostat, on commence à le voir partout, et je vais vous le montrer à 3 endroits.
Le premier, c'est l'argent.
Beaucoup de gens remarquent que la somme qui leur reste à la fin du mois est étonnamment stable, même quand leurs revenus augmentent.
Une prime arrive, on a l'impression de pouvoir enfin respirer, et 3 mois plus tard, le compte est revenu exactement au même niveau.
L'argent est parti quelque part, mais on sait pas trop où.
C'est pas forcément qu'on le gère mal : c'est que le niveau, lui, a pas bougé, et que les dépenses ont fini par se caler dessus.
Je vais vous poser une question, et vous répondez dans le chat par oui ou par non.
Si demain, vous gagniez 100 000 dollars au loto, est-ce que votre situation serait différente dans 5 ans ?
réponses du chat, lues à voix haute
Gardez votre réponse en tête, parce que 100 000 dollars, pour beaucoup de gens, c'est des années de salaire, de quoi effacer ses dettes et changer de vie.
Imaginez le gagnant qui découvre son ticket, qui saute dans son salon, qui appelle sa mère, et qui efface toutes ses dettes dans la semaine.
Lui, il est sûr que sa vie vient de changer pour toujours.
En Floride, des chercheurs ont suivi des milliers de gagnants de la loterie pendant plusieurs années.
Les 2 premières années, ceux qui avaient gagné de grosses sommes allaient mieux que ceux qui avaient gagné 10 fois moins, ce qui paraît logique.
Mais à partir de la troisième année, ils faisaient faillite aussi souvent que les autres, avec à peu près les mêmes dettes, comme si l'argent avait jamais existé.
C'est un radiateur énorme, qui a chauffé la pièce pendant 2 ans, sans jamais toucher au thermostat.
Si pour quelqu'un, la normale, c'est de finir le mois à découvert, il finira par y revenir, même avec 100 000 dollars de plus.
Si vous avez écrit oui, regardez bien : ce qui décide de votre situation dans 5 ans, c'est pas ce que vous gagnez, c'est ce que votre thermostat considère comme normal pour vous.
Le deuxième endroit, c'est le corps, et je vais prendre l'exemple le plus courant : manger mieux.
Prenez quelqu'un qui décide, un dimanche soir, qu'à partir de demain, il mange correctement.
Le lundi, il prépare son repas pour le midi, il passe devant la machine à gâteaux du bureau sans s'arrêter, et le soir, il mange léger.
Le mardi, pareil, et il est plutôt content de lui.
Le jeudi, il rentre tard, il est crevé, le frigo est presque vide, et sans même y réfléchir, il commande la même chose que d'habitude, puis il grignote devant la télé, comme il le fait depuis 10 ans.
Le vendredi, il y a un pot au travail, le samedi, un repas chez des amis, et le lundi suivant, il a presque oublié qu'il avait commencé quelque chose.
Il a jamais décidé d'arrêter, et il a même pas eu le temps de voir le moindre résultat.
Ce qui s'est passé, c'est que tout, autour de lui, était réglé pour l'ancienne façon de manger : ce qu'il y a dans le frigo, ses horaires, ses soirées devant la télé, les repas avec les autres.
La nouvelle façon de faire lui demandait un effort à chaque repas, alors que l'ancienne se faisait toute seule, et au premier soir de fatigue, c'est l'ancienne qui a repris sa place.
C'est ça, le thermostat, dans le corps : la plupart du temps, il vous laisse même pas aller jusqu'au résultat, il vous ramène dès que vous relâchez l'effort.
Le troisième endroit, c'est ce qu'on se promet à soi-même, et il est plus difficile à repérer, parce que de l'extérieur, tout peut sembler parfaitement fonctionner.
Je pense à Samia, une femme que j'ai accompagnée.
Samia a 41 ans, elle est directrice financière, et elle a 3 enfants.
Au travail, c'est elle qui tient les chiffres, les équipes et les échéances, et tout le monde compte sur elle, avec raison.
À la maison, c'est elle qui organise les anniversaires, qui se souvient de toutes les dates, et qui trouve une solution quand quelque chose va pas.
Mais ce qu'elle se promet à elle-même, elle le tient jamais, à commencer par le projet dont elle rêve depuis des années.
Ce qui est intéressant avec Samia, c'est qu'elle manque absolument pas de discipline : c'est même une des personnes les plus disciplinées que vous puissiez imaginer.
Simplement, son thermostat est pas réglé pareil dans toutes les pièces de sa vie.
Dans la pièce du travail et de la famille, il est réglé à 24 degrés : elle prend sa place, elle décide, elle tient ses engagements.
Dans la pièce de ce qu'elle se promet à elle-même, il est resté à 19, et elle y revient à chaque fois.
Ça veut dire qu'on peut être très solide dans une partie de sa vie et complètement bloqué dans une autre, sans que ce soit une contradiction.
On retrouvera Samia tout à l'heure, parce que son histoire va nous aider à comprendre ce que ce retour finit par coûter.
Maintenant, j'aimerais que vous regardiez votre propre vie.
Dans quelle pièce est-ce que vous sentez le plus ce thermostat, vous ?
Écrivez un seul mot dans le chat : l'argent, le corps, le boulot, les relations, la confiance, le temps, ou autre chose.
réponses du chat, lues à voix haute
Prenez ce mot, notez-le en haut de votre feuille, et entourez-le.
Gardez-le bien, parce qu'on va s'en servir ce soir, et pendant les 2 autres soirées.
Maintenant, regardez votre mot, et posez-vous une question, juste dans votre tête.
Depuis tout ce temps où vous revenez au même niveau dans ce domaine, qu'est-ce que ça vous a coûté, concrètement ?
Gardez cette réponse pour vous, pour l'instant.
On va y revenir, parce que ce que vous venez de toucher est souvent beaucoup plus lourd qu'on le croit.
Mais avant, j'ai quelque chose à vous proposer.
1.8Premier appel : voir le vôtre1 h 07 à 1 h 14
Jusqu'ici ce soir, vous avez vu le mécanisme dans son ensemble, avec Julie, avec Samia, et avec moi.
Mais le vôtre, votre propre mécanisme, vous l'avez pas encore vu, et je vais vous expliquer pourquoi c'est normal.
Pensez à quelqu'un que vous connaissez bien, une amie, un frère, une collègue, quelqu'un qui répète toujours le même schéma.
Par exemple, une amie qui tombe toujours sur le même genre de personne.
Un soir, elle vous appelle, toute contente, pour vous parler du garçon qu'elle vient de rencontrer, et elle vous dit : « Lui, c'est pas pareil, il est différent. »
Et vous, pendant qu'elle parle, vous savez déjà comment ça va finir, parce que c'est la troisième fois que vous entendez exactement cette phrase, presque mot pour mot.
Vous voyez quelqu'un comme ça ?
Son schéma à elle, vous le voyez en 2 secondes, et vous pourriez presque raconter la suite avant qu'elle arrive.
Mais elle, elle le voit pas, parce qu'à chaque fois, elle a une bonne explication : il était pas prêt, le moment était mal choisi, c'était compliqué.
Pour vous, c'est exactement pareil : c'est pas une question d'intelligence, vous êtes simplement à l'intérieur de votre propre histoire.
Et quand on est à l'intérieur, on voit chaque moment séparément, avec sa bonne raison, et on voit pas ce qui se répète.
C'est exactement ce qui m'est arrivé : avec un seul mot, mon ami m'a montré ce que moi, j'avais pas vu en des années.
C'est pour ça que je vous propose quelque chose, ce soir.
On a ouvert des rendez-vous en visio avec des membres de mon équipe, de l'équipe Magnétique.
Le but, c'est d'aller creuser dans votre thermostat à vous, et pas celui que je vous ai dessiné en exemple ce soir.
Concrètement, on part du domaine où vous sentez le plus ce mécanisme, celui de votre mot, si vous l'avez noté.
On regarde ce qui se répète : ce que vous avez déjà essayé, le moment où vous décrochez, et la phrase que vous vous dites à ce moment-là.
On regarde aussi ce que cette répétition vous coûte aujourd'hui.
Et si c'est pertinent, on regarde ensemble si Magnétique est le bon outil pour vous.
Si c'est pas le cas, on vous le dit aussi, et vous avez le droit de dire non à tout moment : personne va essayer de vous retenir. D'ailleurs on a pas créer ce programme, ce parcours pour tout le monde, on sait que ça fonctionne et pour qui mais on sait aussi quand ça fonctionnera pas, et ça on vous le dira si c'est le cas. Et oui ce serait trop beau de pouvoir aider tout le monde en même temps.
Quoiqu'il arrive vous aller repartir de ce rendez-vous avec une toute autre vision sur vos propres schémas internes.
Parce que jusqu'ici, chaque tentative qui a pas tenu, vous l'avez regardée toute seule, avec sa bonne raison à elle, comme une photo isolée.
Ce rendez-vous, c'est l'occasion de les mettre toutes bout à bout, comme les images d'un film, avec quelqu'un qui vous aide à voir ce qui se répète d'une fois à l'autre.
Venez avec votre feuille de ce soir, celle où vous avez entouré votre mot. Et si vous l'avez pas fait, c'est pas grave, notre équipe vous aidera à y voir plus clair et vous creuserez ce sujet avec elle.
Et personne va vous juger, parce que des histoires comme la vôtre, j'en ai entendu des centaines.
Ce qui vous paraît le plus gênant chez vous, c'est souvent ce que j'ai entendu le plus souvent.
Les rendez-vous ont lieu dans les prochains jours, et les réservations ferment dimanche prochain, le 1er novembre, au soir.
Après dimanche soir, on arrête les rendez-vous, parce que l’équipe s’occupe ensuite des personnes inscrites.
Pour le moment tous les créneaux sont encore dispos, et ce soir, vous avez encore le choix des horaires.
Le lien est dans le chat. J'espère qu'on va vous voir nombreux, on a très hâte de vous rencontrer, d'écouter votre histoire et de pouvoir vous aider. Ca fait des années que je bosse sur ce projet, hâte de vous présenter tout ça.
Vous pouvez réserver maintenant, pendant qu'on continue ensemble, sans attendre la fin du direct.
Et si vous réservez pendant que je parle, écrivez « réservé » dans le chat, j'aimerais beaucoup le voir passer.
réponses du chat, lues à voix haute
Allez parenthèse fermée, on continue, parce qu'il reste une question en suspens, et je vous dois la réponse.
Si ce thermostat vous fait souffrir, pourquoi est-ce qu'il tient en place aussi longtemps et aussi fortement ?
1.9Ce que votre schéma vous rapporte1 h 14 à 1 h 23
La réponse que j'ai trouvée est un peu dérangeante : même un comportement qui vous fait souffrir peut vous rendre un service. C'est contre-intuitif je sais.
Pour vous montrer ce que je veux dire, je vais commencer par mon histoire à moi.
Je détestais ce travail à l'entrepôt, vraiment.
Mais tant que j'étais là-bas, personne pouvait m'entendre bloquer sur un mot, personne me voyait rougir au téléphone, et personne pouvait me juger quand je parlais.
Ce travail que je détestais me protégeait de quelque chose que je redoutais encore plus : parler devant les gens.
Vous voyez le piège ?
D'un côté, une souffrance que je connaissais par cœur, et de l'autre, une souffrance que je connaissais pas, et mon système avait choisi la première sans me demander mon avis.
C'est ce que j'appelle les gains cachés : ce que votre schéma vous rapporte, sans que vous l'ayez jamais choisi, et tout le monde en a.
Prenez Julie, par exemple.
Quand elle arrête de courir, elle retrouve ses soirées avec ses enfants, et ça, c'est la raison qu'elle donne.
Mais quelque part, il y a aussi une petite voix qui lui dit qu'une bonne mère part pas courir pendant que ses enfants font leurs devoirs.
Alors quand elle arrête, elle perd sa course, mais elle retrouve la paix avec cette petite voix, et c'est ça, son gain caché.
Regardez Samia, maintenant.
Tant qu'elle lance pas le projet dont elle rêve depuis des années, personne peut lui dire qu'elle a échoué.
L'image de la directrice financière à qui tout réussit reste intacte, et pour quelqu'un qui s'est jamais vraiment autorisé à échouer, cette protection vaut très cher.
Il y a aussi un gain caché que presque tout le monde a, même sans lui avoir jamais donné de nom.
C'est d'arrêter avant la fin, ou de jamais s'y mettre complètement.
Parce que tant que vous avez pas tout donné, vous pouvez toujours vous dire : « Si je m'y étais mis pour de vrai, j'aurais réussi. »
C'est l'examen qu'on révise la veille au soir : si on le rate, c'est qu'on a pas assez révisé, et surtout pas qu'on était pas capable.
C'est un peu comme si on mettait soi-même un caillou dans sa chaussure avant une course, pour pouvoir se dire, si on perd, que c'est le caillou qui nous a fait perdre.
Autrement dit, on préfère un échec avec une excuse, plutôt que de risquer de tout donner et de découvrir que ça suffisait pas.
Et il y a un gain caché encore plus courant, que tout le monde connaît : celui de la procrastination.
Repousser, c'est comme faire un prêt.
Vous empruntez un peu de tranquillité maintenant, et vous la rendez plus tard, avec des intérêts : du stress, de la culpabilité et des nuits plus courtes.
Votre cerveau adore ce prêt, parce qu’il préfère toujours se sentir soulagé tout de suite, quitte à avoir un problème plus tard.
Et plus tard, pour lui, c'est presque comme si c'était quelqu'un d'autre qui allait devoir s'en occuper.
Mais il y a une raison encore plus profonde qui fait que ce thermostat tient en place, et je voudrais vous la faire ressentir.
Je vous propose de faire un pile ou face.
Pile, vous gagnez 100 euros, face, vous perdez 100 euros.
Est-ce que vous jouez ?
Répondez dans le chat par oui ou par non, sans réfléchir.
réponses du chat, lues à voix haute
Si vous avez répondu non, ou même si vous avez juste hésité une seconde, regardez bien : le jeu est parfaitement équilibré.
Vous avez exactement autant de chances de gagner que de perdre, et c'est la même somme des 2 côtés.
Pourtant, quand on pose cette question aux gens, la plupart acceptent de jouer seulement si on leur propose de gagner 200 euros pour un risque de perdre 100 euros.
Autrement dit, dans notre tête, une perte pèse à peu près 2 fois plus lourd qu'un gain de la même valeur.
Dans nos relations, l'écart est même encore plus grand.
Un chercheur américain, John Gottman, a observé des couples pendant des années : chez ceux qui tiennent, il faut environ 5 moments positifs pour compenser un seul moment négatif pendant une dispute.
C'est aussi pour ça que dire non à un proche ou changer devant sa famille paraît si risqué : un seul moment de tension pèse très lourd.
Maintenant, appliquez ça à votre vie : quand vous envisagez un changement, ce que vous risquez de perdre pèse 2 fois plus lourd que ce que vous pourriez gagner.
Et ce que vous risquez de perdre, c'est pas rien : votre confort, l'image que les autres ont de vous, et l'image que vous avez de vous-même.
Le changement part donc avec un handicap, avant même que vous ayez fait le premier pas.
Ça veut pas dire que vous voulez rester dans votre problème, personne veut ça.
Ça veut dire qu'une partie de vous a appris à y trouver une forme de sécurité.
Votre thermostat vous ramène pas à un niveau au hasard : il vous ramène à un niveau qui vous a protégé de quelque chose, à un moment de votre vie.
Pour moi, c'était le regard des autres, quand j'étais un gamin qui bégayait.
À l'époque, ce réglage m'a vraiment protégé, il faisait son boulot, sauf que des années plus tard, son boulot était plus le bon.
Notez cette phrase.
« Ce qui m'a protégé à un moment de ma vie, c'est souvent ce qui me retient aujourd'hui. »
Je vous propose maintenant un exercice, et celui-là, vous l'écrivez pas dans le chat : il est juste pour vous.
Repensez à ce dont on a parlé tout à l'heure, cette chose que vous avez essayé de changer et qui a pas tenu.
Et posez-vous une seule question : qu'est-ce que le fait de pas l'avoir changée vous a évité ?
Je vous demande pas ce que ça vous a coûté, ça, on va y venir.
Je vous demande ce que ça vous a évité.
Ça peut être une conversation difficile, le regard de quelqu'un, une déception, ou un risque que vous aviez pas envie de prendre.
Ça peut même être la peur de réussir, et de devoir ensuite continuer à réussir, devant tout le monde.
Si une réponse vous est venue, même floue, vous venez de toucher votre gain caché.
Si rien est venu, c'est normal : il est caché, et c'est pas pour rien qu'on l'appelle comme ça.
C'est justement une des choses qu'on regarde ensemble pendant le rendez-vous que je vous proposais : ce que votre schéma vous rapporte, à vous.
1.10« Je suis comme ça »1 h 23 à 1 h 37
Mais ce schéma fait aussi autre chose : petit à petit, il change la façon dont vous vous voyez.
Quand on revient sans cesse au même point alors qu'on essaye de changer quelque chose, on finit par tirer une conclusion sur soi-même.
Et cette conclusion, c'est peut-être la phrase qui nous coûte le plus cher.
Je vous donne des exemples :
« Je suis pas discipliné. »
« Je suis pas quelqu'un de régulier. »
« Je commence toujours, je finis jamais. »
« J'ai pas de caractère. »
« Je suis pas fait pour ça. »
« Je suis comme ça. »
Moi, ma phrase, c'était « je suis quelqu'un de timide », et je disais même pire : « je suis quelqu'un qui parle pas ».
J'en étais convaincu, pour moi, c'était ma nature, comme la couleur de mes yeux.
Mais regardez comment cette phrase s'était construite, parce que c'est presque toujours comme ça que ça se passe.
Au départ, il y avait un fait : je bégayais.
Ensuite, il y a eu des moments où j'ai bloqué devant les autres, et j'en ai tiré une conclusion : « je suis pas fait pour parler ».
Alors j'ai évité de parler, et forcément, moins je parlais, moins j'étais à l'aise, et plus ça me donnait raison.
Les profs écrivaient « élève discret », ma famille disait « fais pas de vagues », et au bout de quelques années, c'était plus une conclusion, c'était devenu qui j'étais.
Je suis pas né avec cette phrase : on l'a construite, mon entourage et moi, au fil des années, et à force, elle était devenue ma réalité.
Votre phrase à vous s'est sûrement construite de la même façon, à partir de quelques échecs, d'un mot entendu un jour, ou d'une comparaison avec quelqu'un d'autre.
On va faire un petit test qui prend une minute.
Je prends la phrase qu'on entend le plus souvent : « je suis pas quelqu'un de discipliné ».
Si votre phrase est différente, suivez quand même, parce que le mécanisme est le même.
Pour savoir si elle est vraie, il faut d'abord savoir ce que c'est, la discipline.
La plupart des gens pensent que c'est se forcer : résister, prendre sur soi, tenir à la force du mental.
Mais se forcer, c'est la volonté, le pic de motivation du début, et on a vu tout à l'heure que la volonté, ça chauffe la pièce sans toucher au réglage.
La vraie discipline, elle, demande aucun effort pour exister.
Prenez un geste que vous faites tous les jours depuis des années : vous brosser les dents.
Vous vous êtes jamais dit le matin : « allez, courage, aujourd'hui, je me brosse les dents ».
Pourtant, quand vous étiez enfant, il a fallu qu'on vous le répète des centaines de fois.
Aujourd'hui, vous le faites sans y penser, même les soirs où vous êtes épuisé, et le jour où vous l'oubliez, il vous manque quelque chose.
Ça, c'est de la discipline : un geste qui s'est installé à force d'être répété, et qui demande plus aucun effort.
Écrivez dans le chat un autre geste que vous faites comme ça, tous les jours, sans y penser, en un ou 2 mots.
réponses du chat, lues à voix haute
Tous ces gestes tiennent sans aucun effort, et pourtant, vous vous êtes jamais dit que vous étiez quelqu'un de discipliné.
Alors, qu'est-ce que ça veut dire ?
Ça veut dire que la discipline, c'est pas quelque chose qu'on a ou qu'on a pas à la naissance : c'est un réglage qui s'installe, et vous en avez déjà plein.
Dans le domaine où vous revenez toujours au même point, le nouveau geste a simplement jamais eu le temps de s'installer.
Alors vous l'avez tenu à la volonté, au début de chaque tentative, et la volonté, ça finit toujours par s'éteindre.
Donc ce que vous appelez votre caractère, c'est en fait un réglage.
Maintenant, un exemple tout bête, que presque tout le monde a déjà vécu chez soi.
Un jour, vous changez quelque chose de place : la poubelle de la cuisine, les verres dans un autre placard, ou le crochet des clés.
Les premiers jours, votre main part toute seule vers l'ancienne place, et vous ouvrez le mauvais placard plusieurs fois par jour.
Si ça vous est déjà arrivé, écrivez «oui » dans le chat.
Votre main se trompe pas parce que vous êtes distrait : elle refait ce qu'elle a répété pendant des années.
C'est exactement ce qui se passe au quinzième jour d'un nouveau comportement : l'ancien geste revient tout seul, et c'est souvent là qu'on se dit « c'est pas pour moi ».
Pourtant, au bout de quelques semaines, votre main va directement à la nouvelle place, sans que vous y pensiez.
Et si un jour la poubelle revient à l'ancienne place, c'est là que vous vous trompez, dans l'autre sens.
Vous avez pas changé de personnalité : vous avez juste répété le nouveau geste assez longtemps pour qu'il devienne votre normal.
Il y a une histoire qu'on raconte souvent, et c'est une image, pas une étude.
Autrefois, dans certains cirques, on attachait les bébés éléphants à un piquet, avec une corde.
Le bébé tirait de toutes ses forces, mais il arrivait pas à se libérer.
Il recommençait le lendemain, puis le jour suivant, sans plus de succès, et au bout d'un moment, il arrêtait d'essayer.
Des années plus tard, l'éléphant pesait 3 tonnes.
Il aurait pu arracher le piquet d'un simple mouvement, et pourtant, il restait attaché à cette petite corde.
Ce qui le retenait, c'était plus la corde, c'était la conclusion qu'il avait tirée quand il était petit : ce fameux « je peux pas ».
Moi, mon piquet, c'était « élève discret » et « fais pas de vagues » : au bout de quelques années, je tirais même plus sur la corde.
J'avais conclu, comme l'éléphant, que je pouvais pas faire autrement, et j'avais arrêté de vérifier.
Cet éléphant, il me fait penser à Françoise, une dame que j'ai connu.
Au moment de l'histoire elle avait 63 ans, et elle savait pas nager.
Toute sa vie, elle avait répété : « Moi, l'eau, c'est pas pour moi. »
Quand elle accompagnait ses petits-enfants à la piscine, elle restait au bord du bassin, avec les serviettes.
Pendant 40 ans, en vacances, elle avait été « celle qui garde les serviettes ».
Un jour, sa petite-fille lui a demandé, devant tout le monde : « Mamie, pourquoi tu sais pas nager ? »
Françoise a pas su quoi répondre.
Parce que la vraie réponse, c'était : « Parce que j'ai décidé ça quand j'avais 8 ans. »
Finalement elle a commencé à avoir envie de pouvoir jouer avec ses petits enfants dans l'eau elle aussi, et parce qu'ils le lui demandaient.
Elle m'a dit qu'elle avait commencé à prendre des cours en parallèle, une fois par semaine, puis 2.
Les 3 premiers mois, elle a failli arrêter 20 fois : elle se trouvait ridicule au milieu des enfants, et elle avait peur.
Puis un jour, elle a traversé le bassin toute seule, sur une longueur.
Après, elle m'a dit :
« J'ai appris à nager à 63 ans. Mais le plus dur, c'était pas l'eau. C'était de croire que je pouvais y arriver. »
Ce qu'elle dit là, c'est exactement ce qu'on vient de voir : le plus dur, c'est pas le geste, c'est de sortir du rôle qu'on joue depuis des années.
Et vous, est-ce qu'il y a quelqu'un en vous qui garde les serviettes parce qu'il sent qu'il va couler s'il change de rôle ?
Un rôle que vous jouez depuis si longtemps que vous avez fini par l'appeler votre personnalité ?
Je veux aussi parler à ceux qui se disent : « Mais moi, au travail ou avec les autres, je tiens tout. »
Le travail, les délais, les promesses que vous faites aux autres : chez vous, tout ça tient, comme chez Samia.
Dans ce cas, cherchez plutôt l'inverse : le domaine où personne vous demande de comptes, celui où vous êtes le seul à savoir si vous avez fait ce que vous aviez prévu.
Bien souvent, c'est justement le domaine auquel vous pensez depuis le début de la soirée.
Regardez ce que ça donne : partout où quelqu'un compte sur vous, vous tenez, et là où vous êtes seul, ça lâche.
C'est comme la promenade du chien : il pleut, il fait nuit, vous êtes épuisé, et pourtant, le chien sort quand même.
Personne se dit : « je suis pas quelqu'un de régulier, donc le chien attendra lundi ».
Pour le chien, la question se pose même pas, parce qu'il vous attend devant la porte.
Votre propre projet, lui, vous attend nulle part.
Quelqu'un m'a écrit un jour exactement cette phrase, et je voudrais que vous la gardiez en tête, parce qu'elle va compter demain et mardi.
« Quand on me regarde je suis quelqu'un d'autre, et j'arrive à être discipliné. Mais dès que je me retrouve seul, tout s'écroule et plus rien ne me pousse à tenir ce que je voudrais »
Maintenant, je vais vous donner la phrase de la soirée, celle que je voudrais que vous gardiez si vous deviez en garder qu'une seule.
Notez la, puis entourez la, soulignez la, imprimez la sur une feuille, peu importe mais retenez la bien.
« C'est pas mon caractère inné. C'est un réglage interne. »
Un caractère, on a l'impression qu'on peut rien y faire, qu'on est né avec.
Un réglage, c'est différent : ça s'est installé avec le temps, et ce qui s'est installé peut se régler autrement. Un réglage peut se modifier.
Si vous êtes en train de vous dire « oui, mais moi, c'est quand même différent », bah en fait c'est votre thermostat identitaire qui vous ramène déjà à son niveau avant même d'accepter que cette idée soit possible. Et c'est exactement le genre de chose qu'on peut creuser ensemble pendant le rendez-vous que je vous ai proposé tout à l'heure.
D'ailleurs le lien est toujours dans le chat, il reste plein de créneaux.
1.11Ce que ça vous coûte1 h 37 à 1 h 46
On continue, et ce qui vient maintenant, c'est le plus important de la soirée.
D'abord, on va regarder ce que tout ça vous coûte vraiment.
Ensuite, je vais vous faire rencontrer la personne que je vous ai promise au début de la soirée.
Et à la fin, je vous donnerai une bonne nouvelle, et une mauvaise.
Je fais pas ça pour vous faire peur, je le fais parce qu'un coût qu'on refuse de regarder, on continue à le payer sans s'en rendre compte.
Il y a d'abord les coûts que tout le monde voit.
Une année passe, puis une autre, et vous êtes toujours au même endroit, avec les mêmes envies rangées dans un tiroir.
Autour de vous, vos proches vous ont entendu dire « cette fois, je m'y mets », puis ils vous ont vu arrêter, plusieurs fois.
Et à force, ils vous demandent même plus où vous en êtes.
Ces coûts-là font mal, mais il y en a un autre, qui dépasse tous les autres, et c'est celui qu'on regarde le moins.
C'est ce que chaque abandon fait à la confiance que vous avez en vous.
Imaginez un ami qui vous a promis 10 fois de venir à votre anniversaire, et qui est jamais venu.
La onzième fois, il vous dit : « Cette fois, je viens, promis. »
Vous lui en voulez même plus, vous lui répondez « super, à samedi », mais au fond de vous, vous comptez plus vraiment sur lui.
Eh bien, avec vous-même, c'est exactement pareil.
Chaque fois que vous abandonnez, vous devenez un peu plus cet ami-là pour vous-même.
La fois suivante, quand vous vous promettez quelque chose, vous dites « cette fois, c'est la bonne », mais une partie de vous y croit déjà plus vraiment.
En discutant avec un des inscrits à cet évènement sur Instagram, je me suis un peu intéressé à sa situation et à un moment il m'a dit :
« Le problème c'est qu'à chaque fois que je repars à zéro, en fait je repars pas vraiment de zéro mais de moins que zéro parce que j'abîme ma certitude à y arriver et en plus j'ai une sorte de honte d'avoir échouer à chaque fois. »
Moins que zéro, parce qu'une tentative ratée vous laisse pas simplement au point de départ.
Elle vous laisse un peu plus bas, avec une preuve de plus que vous y arrivez pas, et un peu plus de honte ou de pensée défaitiste à porter.
C'est comme des intérêts à l'envers : chaque abandon retire un petit montant de la confiance que vous avez en vous.
Sur le moment, le retrait paraît minuscule, et c'est pour ça qu'on y fait pas attention.
Mais après 10 ans de petits retraits, le compte est à découvert.
Et au bout de quelques tentatives ratées, une petite voix finit par s'installer, qui pose toujours les mêmes questions.
À quoi bon lancer ce projet, si je sais déjà que je vais abandonner ?
À quoi bon aller courir, si je tiens que 2 semaines ?
À quoi bon essayer, si je sais que je vais encore être déçu de moi-même ?
Pour moi, l'une des pires choses qui puissent arriver dans une vie, c'est pas d'échouer.
C'est d'avoir tellement essayé, et tellement échoué, qu'on finit par plus y croire du tout.
Et à ce moment-là, le problème, c'est pas que vous croyez plus à ce que vous voulez : c'est que vous croyez plus ce que vous vous promettez à vous-même.
Tout à l'heure, je vous ai parlé de Samia, celle qui tenait tous ses engagements pour tout le monde sauf pour elle.
Elle m'a dit une phrase que j'ai jamais oubliée. Oui je suis allé chercher beaucoup de phrases qui m'ont marqué pour préparer cet évènement.
« Tous les soirs, quand tout le monde est couché, je m'assois dans la cuisine. Et je me demande à quel moment c'est devenu la vie de quelqu'un d'autre. »
Depuis 15 ans, elle avait un projet : ouvrir son propre cabinet, à son nom.
Elle voulait, une fois dans sa vie, construire quelque chose qui vienne d'elle, et qui lui appartienne à elle seule, un truc qu'elle ferait seulement pour elle et pour personne d'autre pour une fois.
Elle avait les compétences, l'argent de côté, et le réseau pour le faire.
Mais chaque année, une bonne raison repoussait le projet : les enfants trop petits, une promotion, la maison à refaire.
Pour les autres, elle continuait à tout assurer, sans jamais rien lâcher.
Pour elle-même, elle avait arrêté de se faire des promesses, et personne autour d'elle s'en était rendu compte.
C'est une forme de coût qu'on voit presque jamais, et je veux la nommer, parce qu'elle concerne beaucoup de gens ici, ce soir.
C'est le coût que paie la personne qui réussit, dont la vie semble fonctionner, et que tout le monde trouve solide, parce qu'elle l'est vraiment.
Elle tient toutes ses promesses envers les autres, mais pas celles qu'elle se fait à elle-même.
Alors elle finit par plus rien se promettre, et de l'extérieur, on dirait simplement quelqu'un qui a besoin de rien.
Ce coût-là fait pas de bruit : il se paie tous les soirs, en silence, dans une cuisine, par quelqu'un qui a aucune raison visible de se plaindre.
De l'extérieur, c'est celui qui va bien, celui qui gère, alors que pour lui-même, il gère rien du tout.
Le pire, c'est qu'on a même peur d'en parler et de passer pour un ingrat.
À force, on finit par arrêter de se promettre des choses importantes.
On continue avec les petites promesses, répondre à un message, ranger un placard, parce que celles-là, on sait qu'on va les tenir.
Mais les grandes, on les abandonne avant même de commencer, parce qu'on connaît déjà la fin.
On arrête de se promettre, et on appelle ça devenir réaliste.
réflechissez, et vous êtes pas obligé de répondre dans le chat, mais depuis combien de temps vous vous êtes pas promis quelque chose d'important, en vous engageant vraiment, avec la conviction que vous alliez réussir à le faire ?
En gros c'était quand le gros objectif que vous vous êtes fixé en étant sûr de l'atteindre ?
Si votre réponse, c'est « longtemps », alors voilà ce que ça vous coûte vraiment : pas seulement ce que vous avez pas fait, mais aussi la confiance que vous aviez en vous de parvenir à vos objectifs ou de tenir vos engagements.
(Silence grave)
1.12Le samedi 25 octobre 20311 h 46 à 1 h 55
Bon je pense que vous commencez à comprendre le concept. Maintenant on va faire un saut dans le temps, pour voir où tout ça nous mène si rien ne change.
Je vous avais promis une date, et quelqu'un que vous alliez rencontrer ce jour-là, et on y est.
Cette chose que vous voulez changer, celle pourquoi vous êtes sûrement venu dans ce live avec moi, votre mot de tout à l'heure que vous noté, ça fait combien d'années que vous voulez la changer ?
Je vous demande pas depuis combien de temps vous essayez, je vous demande depuis combien de temps vous le voulez.
réponses du chat, lues à voix haute
Regardez les chiffres qui passent dans le chat ce soir : derrière chacun, il y a des années entières à vouloir quelque chose sans l'avoir.
Notez maintenant votre propre chiffre sur votre feuille, et ajoutez-y 5.
Vous allez comprendre où je veux en venir dans une minute.
Vous avez remarqué comment on traite la personne qu'on sera plus tard ?
Le dimanche soir, on lui laisse la vaisselle, le dossier en retard et le coup de fil qu'on a pas envie de passer.
On se dit « je ferai ça lundi », comme si la personne qu'on sera lundi était un collègue qu'on aime pas trop, et à qui on refile le sale boulot.
Ce soir, on va aller rencontrer cette personne pour de vrai, et pas celle de lundi, celle dans 5 ans.
Maintenant, regardez l'écran.
Le samedi 25 octobre 2031.
C'est dans 5 ans, jour pour jour, et oui, j'ai vérifié, ce sera bien un samedi.
Je vous avais promis une rencontre avec quelqu'un que vous connaissez très bien, mais que vous avez encore jamais vu.
Ce samedi-là, cette personne va se réveiller dans votre lit.
Et ce sera vous, avec 5 ans de plus.
Vos enfants, si vous en avez, auront 5 ans de plus, vos parents aussi, et votre corps aussi.
Et le nombre d'années que vous avez noté tout à l'heure aura pris 5 ans de plus, lui aussi.
On va passer une matinée avec cette version de vous, en imaginant que rien change d'ici là.
Si vous voulez vivre l'expérience à fond, fermez les yeux, et écoutez ma voix.
La personne que vous êtes dans 5 ans se réveille, et elle reste allongée quelques instants.
Quelle est la première pensée qui lui traverse l'esprit en ouvrant les yeux ?
(Silence)
Elle se lève, elle passe devant le miroir de la salle de bain, et elle se regarde.
Comment est-ce qu'elle se regarde ?
(Silence)
Ou peut-être qu'elle prend même plus vraiment le temps de se regarder.
Si votre mot, tout à l'heure, c'était le corps, qu'est-ce qu'elle voit dans ce miroir ?
(Silence)
Si c'était l'argent, elle ouvre l'appli de sa banque ce samedi-là : il y a combien, sur son compte ?
(Silence)
Si c'était la confiance, qu'est-ce qu'elle a encore laissé passer cette semaine, sans rien dire ?
(Silence)
Elle se prépare un café.
Quelque part dans la maison, il y a un objet qui traîne : un sac de sport, un dossier, un livre à moitié lu, ou un projet sur l'ordinateur dont le nom date de 2026.
C'est cette chose que vous vouliez commencer, et elle est toujours là.
Cette version de vous passe devant tous les jours, mais elle la voit presque plus, parce qu'avec le temps, c'est devenu un élément du décor.
En buvant son café, peut-être qu'elle se dit : « Ce week-end, je m'y mets. »
C'est exactement la même phrase que vous, avec exactement la même conviction.
Sauf que 5 ans ont passé.
Maintenant, imaginez que cette version de vous puisse vous parler, ce soir, à vous, un dimanche d'octobre 2026.
Elle sait tout ce que vous savez, et en plus, elle sait ce qui s'est passé pendant ces 5 années.
Qu'est-ce qu'elle aurait envie de vous dire ?
(Silence)
Allez vous pous pouvez rouvrir les yeux.
Si quelque chose vous est venu, écrivez-le en bas de votre feuille, pas dans le chat.
Ajoutez la date juste à côté : samedi 25 octobre 2031.
Même si ce sont que 2 ou 3 mots, même si votre phrase vous paraît maladroite, écrivez-la comme elle vous est venue.
Je suis pas en train de vous décrire une catastrophe. Que votre vie va devenir horrible et insupportable, l'idée c'est pas de vous faire peur ou de vous faire stresser pour rien. Juste d'avoir un regard et une angle de vue un peu différent pour une fois.
Dans 5 ans, votre vie sera sûrement assez proche de celle que vous avez aujourd'hui, et c'est justement ça, le problème.
Votre thermostat provoque rarement une chute spectaculaire : il vous garde au même niveau, pendant que le temps, lui, continue d'avancer.
Il y a une infirmière, en Australie, qui a passé des années auprès de personnes dans leurs dernières semaines de vie.
Elle a écouté leurs regrets, et celui qui revenait le plus souvent, c'était pas une erreur qu'elles avaient commise.
C'était en gros cette phrase : « J'aurais aimé avoir le courage de vivre la vie que je voulais vraiment, et pas celle que les autres attendaient de moi. »
(Silence)
Le regret de ce qu'on a fait arrive vite, il fait mal, puis il finit par passer.
Le regret de ce qu'on a pas fait arrive plus subtilement, plus sournoisement, mais lui, il reste. Comme une douleur sourde et chronique qui vous suit toute votre vie, qui s'oublie parfois et qui revient d'un coup dans certains moments.
C'est exactement ce genre de regret que le thermostat identitaire fabrique : pas une grande erreur, mais des choses qu'on a pas faites, une après l'autre, chaque fois avec une bonne raison de remettre à plus tard.
Quand j'étais encore bloqué dans mon ancienne vie, celle que j'aimais pas j'avais dit à un ami un jour : « Ce qui me fait le plus peur, c'est que dans 5 ans ce soit exactement pareil. »
Et je voulais pas avoir 45 ans un jour et réaliser qu'un jour j'avais tout simplement arrêté d'essayer.
Alors gardez bien cette date en tête, visualisez là sur un calendrier accroché au frigo : samedi 25 octobre 2031.
Et cette date vous allez voir qu'on va en reparler demain et mardi.
1.13La bonne nouvelle, et la mauvaise1 h 55 à 2 h 03
Après tout ce qu'on vient de voir, comme je vous avais dit, j'ai une bonne nouvelle et une mauvaise nouvelle, et je vais vous donner les 2, parce que vous avez besoin des 2.
La bonne nouvelle, c'est que ce réglage peut bouger.
Un réglage, c'est pas une condamnation : il s'est installé, donc il peut aussi être désinstallé ou modifié.
Françoise elle avait 63 ans quand elle a arrêté d'avoir peur de l'eau.
40 ans à rester au bord avec les serviettes, un niveau qui semblait gravé dans le marbre, et pourtant, ça a fini par bouger, et c'est elle qui l'a fait bougé ce réglage, c'est pas un hasard ou une intervention divine.
Et ce qui m'a le plus marqué, c'est que ça s'est pas arrêté à l'eau.
Une fois qu'elle a vu qu'elle pouvait faire ce qu'elle s'était interdit pendant 40 ans, elle s'est mise à regarder tout le reste autrement.
L'année d'après, elle est partie en voyage, seule, pour la première fois de sa vie, elle qui avait toujours attendu que quelqu'un vienne avec elle.
En famille, elle a commencé à dire ce qu'elle pensait, au lieu de garder ses avis pour elle, comme elle avait gardé les serviettes pendant 40 ans.
Parce que le jour où une seule des phrases qu'on se dit sur soi-même se révèle fausse, on commence à douter de toutes les autres.
Vous êtes peut-être venu ce soir pour une seule chose à changer, mais derrière cette chose, c'est souvent toute une vie qui attend de bouger.
Alors si vous vous dites « de toutes façons pour moi, c'est trop tard », pensez à elle : à 63 ans, après 40 ans dans la même piste, sa luge a fini par en sortir.
Et si vous voulez une autre preuve, vous l'avez sous les yeux depuis le début de la soirée.
Le gamin qui arrivait pas à dire son prénom au téléphone, ça fait plus d'une heure qu'il vous parle, en direct.
Comment ça a bougé chez moi, je vous le raconterai mardi, mais retenez juste ça ce soir : chez moi aussi, ça paraissait gravé dans le marbre.
Un réglage qui bouge, vous l'avez sûrement déjà vécu vous aussi, sans même vous en rendre compte.
Si vous avez appris une langue étrangère, même un peu, vous savez de quoi je parle.
Au début, la moindre phrase demande un effort : vous cherchez les mots, vous traduisez dans votre tête, et vous vous sentez lent et maladroit.
Puis un jour, sans savoir exactement quand, une phrase sort toute seule, et parfois, vous vous surprenez même à penser dans cette langue.
Votre cerveau a pas changé du jour au lendemain : ce sont des centaines de petites répétitions qui ont fait le travail.
C'est pareil pour la conduite, si vous conduisez : souvenez-vous de vos premières leçons, il fallait penser au rétroviseur, au clignotant, aux pédales, tout en même temps, et vous aviez l'impression que vous y arriveriez jamais.
Aujourd'hui, vous conduisez en pensant à autre chose, parfois on a presque l'impression de s'être téléporté tellement on a conduit en mode automatique. Attention quand même à la route, soyez attentifs quand vous conduisez haha.
Bref votre personnalité a pas changé entre les 2 : c'est la répétition qui a creusé une nouvelle piste dans la neige.
Je vous donne une dernière image, que vous avez sûrement déjà croisée sans y faire attention.
Dans un parc, il y a une allée bien tracée, bien entretenue, et juste à côté, un petit chemin de terre qui coupe à travers la pelouse.
Ce chemin, personne l'a dessiné, et personne a décidé de le créer.
Ce sont simplement les gens qui sont passés par là qui l'ont tracé.
La première personne qui coupe par l'herbe laisse aucune trace : le lendemain, l'herbe s'est redressée.
Pour la dixième personne, c'est pareil.
Il faut des centaines de passages avant que la terre commence à apparaître.
Et si les gens arrêtent de passer par là, l'herbe finit par repousser, pas en une nuit, mais elle repousse.
Tout à l'heure, la luge vous montrait comment votre ancienne piste s'est creusée.
L'herbe vous montre comment une nouvelle se forme : un passage, ça se voit pas, mais des centaines de passages finissent par laisser une trace.
Seulement, ce chemin se crée pas en regardant la pelouse depuis un banc, il se crée en marchant dessus, encore et encore.
Maintenant, la mauvaise nouvelle, et je préfère vous la dire franchement dès ce soir.
Ce que vous venez de comprendre, à lui seul, ne changera rien à votre semaine.
On vous a souvent dit qu'il suffisait de vouloir, ou qu'un déclic pouvait tout changer.
Si c'était vrai, cette soirée suffirait, et vous auriez même pas besoin de revenir demain. En fait cette soirée n'aurait peut-être même pas d'intérêt puisqu'il y a largement assez de personnes qui vous balance des phrases de motivations à longueur de journée sur les réseaux.
La nuit où j'ai compté mes inscriptions à la salle de sport, quand je bossais encore à l'entrepôt, moi aussi, j'avais tout compris.
J'aurais pu vous expliquer mon problème mieux que n'importe qui.
Et pourtant, le lendemain, j'étais exactement le même, et le soir, je suis retourné à l'entrepôt comme si rien s'était passé.
« Savoir à quelle température est réglé le thermostat, ça ne suffit pas pour en changer le réglage. »
Comprendre, ça peut prendre une soirée, mais changer le réglage, ça prend des mois.
C'est comme le chemin dans l'herbe : savoir par où il faudrait passer, ça trace rien du tout.
Demain matin, vous serez sûrement au même niveau qu'aujourd'hui, et c'est normal.
C'est pas un échec, c'est justement pour ça qu'il y a 2 autres soirées.
Demain, on verra pourquoi tout ce que vous avez essayé jusqu'ici pouvait pas fonctionner, et ce qu'il faut réunir pour qu'un changement tienne.
Mardi, on verra ce qui sépare ceux qui ont compris de ceux qui ont vraiment changé.
1.14Deuxième appel : la personne de 20312 h 03 à 2 h 10
Mais avant ça, je veux revenir sur quelqu'un que vous avez rencontré tout à l'heure : la personne du samedi 25 octobre 2031.
Celle que je vous ai présentée, c'est la version de vous qui existe si rien change d'ici là.
Mais ce samedi-là, une autre version de vous est possible.
Celle qui se réveille sans que sa première pensée soit pour ce qui va pas.
Celle qui passe devant le miroir, et qui prend vraiment le temps de se regarder et d'apprécier.
Celle chez qui le projet qui traînait depuis 2026 est réalisé, parce que ce qu'elle voulait faire, elle l'a fait.
Je vais pas vous la décrire plus en détail ce soir, parce que mardi, je vais vous emmener la rencontrer, à une date beaucoup plus proche que 2031.
Pour l'instant, je vous pose une seule question.
Si cette personne de 2031 pouvait vous demander de faire un seul geste ce soir, ce serait lequel ?
Je pense pas qu'elle vous demanderait quelque chose d'extraordinaire.
Elle vous demanderait pas de tout changer dès demain matin, de vous réinscrire à la salle, ou de télécharger une application de plus.
Elle vous demanderait simplement de regarder votre situation en face, maintenant, pendant que vous avez encore 5 ans devant vous.
Et de pas la regarder tout seul, mais avec quelqu'un d'autre.
Parce que votre propre schéma, vous vivez dedans tous les jours, et c'est justement pour ça que vous avez autant de mal à bien l'identifier.
On l'a vu tout à l'heure avec cette amie que vous connaissez bien : son schéma, vous le repérer en 2 secondes, alors qu'elle, elle le voit pas. Même si en vérité le problème et bien plus profond et caché en elle.
Et moi, il m'a fallu le « Encore ? » de mon ami pour avoir le premier déclic. La première compréhension qu'on est contrôlé par des automatismes, qu'on est pas vraiment aux commandes, et qu'essayer de changer nos actions sans corriger ce qui les déclenche, sans toucher à ce qui dirige nos comportements "naturels" (faire signe des guillemets avec les doigts), c'est vouer à l'échec, encore et encore.
C'est exactement le rôle du rendez-vous que je vous offre aujourd'hui avec mon équipe. Ne venez pas si vous avez pas vraiment envie de prendre les choses en main, personne va vous forcer. Mais si vous avez envie de plus, de mieux, de pas regretter d'ici 5 ans, alors venez au moins voir si ce qu'on fait peut être adapté à votre situation. C'est une discussion avec un de nos expert, un vrai échange humain qui vous apportera quoiqu'il arrive des réponses, des nouvelles pistes.
On regarde ce qui se répète dans votre vie, dans quel domaine, les moments qui vous font décrocher, et ce que cette répétition vous coûte déjà.
Et si Magnétique est adapté à votre situation, on en parle ensemble.
Si c'est pas le cas, on vous le dit aussi.
Vous êtes libre de dire non, on sera toujours content d'avoir pu vous rencontrer et vous aider rien qu'en vous écoutant ou vous conseiller un minimum.
Venez avec votre feuille : votre mot entouré, votre nombre d'années, la date du 25 octobre 2031, et ce que cette version de vous vous a dit tout à l'heure. Si vous avez rien noté, encore une fois c'est pas grave, c'est du bonus.
Il reste toujours des créneaux donc foncez-y.
Les rendez-vous ferment dimanche prochain, le 1er novembre, au soir.
C'est premier arrivé, premier servi !
Le lien est dans le chat.
Si vous vous êtes reconnu ce soir, prenez votre créneau maintenant : la réservation prend 30 secondes.
Une fois que c'est fait, écrivez « réservé » dans le chat.
réponses du chat, lues à voix haute
Je veux aussi préciser quelque chose d'important.
Si vous traversez en ce moment une crise aiguë ou grave, une situation d'abus ou une question médicale, ce rendez-vous n'est pas forcément le bon cadre. On pourra pas régler ce genre de problème.
Si c'est le cas, le plus important, c'est de vous adresser d'abord à un professionnel de santé.
Et ensuite, si vous voulez qu'on vous accompagne sur votre aventure vers la personne que vous voulez devenir en cassant tous vos automatismes qui vous bloquent et être fier de qui vous êtes devenu en 2031, alors nos portes seront ouvertes.
Allez j'attends encore quelques secondes parce que je vois que plein de rendez-vous sont réservés, je vous laisse le temps de finir tout ça.
Ok de toutes façons il nous reste 5 minutes avant d'en finir pour ce soir. Vous pouvez réserver votre créneau pendant que je finis, je laisse le lien dans le chat.
1.15Le devoir de ce soir2 h 10 à 2 h 12
Avant qu'on se quitte, j'ai un exercice à vous proposer, pour aller plus loin, chez vous, avec ce qu'on a vu ce soir.
Le devoir, vous allez le recevoir par mail à la fin de la soirée, et vous avez jusqu'à demain, 18 heures, pour le rendre.
Le principe, c'est de faire pour 2 domaines de votre vie ce que j'ai fait pour la salle, cette nuit-là à l'entrepôt : mettre bout à bout ce qui s'est passé, et regarder ce qui se répète.
Sauf que moi, il m'a fallu des années et le « Encore ? » d'un ami pour le voir, alors que vous, avec ce devoir, vous pouvez commencer à le faire en quelques minutes. Et pour ceux qui ont réservé un rendez-vous avec l'équipe dans la journée de demain c'est cool si vous arrivez avec dans le rendez-vous.
Donc vous allez choisir 2 domaines de votre vie qui ont rien à voir l'un avec l'autre.
Pour chacun, vous répondez à 5 questions courtes, et tout est expliqué dans le mail.
Ce que vous allez y gagner, c'est de voir enfin, noir sur blanc, une parte de votre mécanisme interne.
Demain, on commencera justement la soirée avec ça : je vous lirai quelques-unes de vos réponses, sans les noms, et vous allez voir à quel point c'est intéressant.
Faites le devoir ce soir, pas demain, parce que tout est encore frais dans votre tête, et que demain matin, ce sera déjà moins net.
Et si vous avez pas pu le faire, venez quand même demain : vous en aurez pas besoin pour tout autant profiter de la soirée.
1.16Demain2 h 12 à 2 h 16
Pour finir, je reprends rapidement ce qu'on a vu ensemble.
Ce soir, vous êtes arrivé avec une question : pourquoi est-ce que je reviens toujours au même point de départ ?
Maintenant, vous avez une première réponse.
Il y a en vous un réglage, un niveau que votre thermostat considère comme normal, et il vous y ramène, surtout quand votre vie commence à monter au-dessus.
Et comme vous aviez une bonne raison à chaque fois, vous aviez jamais pu voir le mécanisme qu'il y avait derrière.
Demain soir, on va aller plus loin, et je veux vous annoncer 3 choses.
Premièrement, je vais vous montrer un truc qui surprend tout le monde : les gens les plus disciplinés résistent moins souvent que vous à la tentation.
Pas plus souvent, moins souvent, et quand vous aurez compris pourquoi, vous regarderez plus jamais la volonté de la même façon.
Deuxièmement, je vais vous montrer les 10 minutes qui décident si vous allez continuer ou tout lâcher.
Troisièmement, 3 personnes vont venir vous raconter le moment où elles ont décroché, et surtout ce qu'elles ont fait le lendemain.
Avant qu'on se quitte, je veux ajouter une dernière chose.
Demain soir, il y aura des absents, comme à chaque fois.
Ce sera pas forcément parce qu'ils s'en fichent : ils auront une bonne raison, une réunion qui déborde, un enfant malade, une journée épuisante.
Vous la reconnaissez, cette liste ?
C'est celle de Julie, à l'étape 4.
Le dimanche, on est motivé, et le lundi, une bonne raison de reprendre sa vie comme avant arrive.
C'est souvent à ce moment-là que le thermostat se manifeste pour la première fois, en direct, et maintenant, vous savez le reconnaître.
Au début de la soirée, je vous avais promis que l'heure gagnée cette nuit servirait à quelque chose.
Vous venez de la passer à regarder ce qui vous ramène au même point depuis des années, et franchement, je connais pas de meilleure façon de l'utiliser.
Ce soir, avant de dormir, repensez à ce qu'on a vu ensemble : le domaine de votre vie où vous revenez toujours au même point, la phrase que vous vous dites quand vous lâchez, et la date du 25 octobre 2031.
Et si vous avez pris des notes, relisez-les.
Le replay de ce soir restera en ligne 24 heures, et demain soir, il y sera plus.
On se retrouve demain, à 20 heures, sur le même lien.
Je vous avais promis le premier chiffre du cadenas.
C'est le mécanisme lui-même : ce thermostat qui vous ramène toujours au même niveau.
Il tient dans la phrase de tout à l'heure : « C'est pas mon caractère inné. C'est un réglage interne. »
À lui seul, ce premier chiffre ouvre rien, mais sans lui, les 2 autres servent à rien.
Le deuxième chiffre, on le découvre demain soir.
Et mardi, je vous raconterai comment le gars de l'entrepôt de nuit a réussi à en sortir.
Merci pour ce soir, et à demain, 20 heures.